La Chine :
gagnante de la crise ?
Les atouts de Pékin dans la crise
Sommet Trump-Xi à Washington (24 sept.) — pas de percée sur l'Iran
Trump presse Pékin d'isoler Téhéran et d'aider à rouvrir Ormuz ; Xi plaide pour un retour des États-Unis et de l'Iran « au cadre convenu en juin ». Aucun accord énergétique annoncé, trêve commerciale prolongée au 10 janvier. La Chine achète plus de 80 % du pétrole iranien exporté par mer (~13 % de ses importations de brut selon The National, ~12 % selon NPR).
Sommet Trump-Xi (14-15 mai) — Xi médiateur
À Pékin, Xi Jinping offre sa médiation et s'oppose publiquement à la « militarisation » d'Ormuz comme à tout péage iranien. Précède le sommet du G7 d'Évian et le MoU du 17 juin.
Waivers pétrole iranien (juin-juillet)
General License X (22 juin, 60 jours) : sanctions US assouplies. Du 14 juin au 14 juillet, ~66 tankers iraniens passent Ormuz — 70 Mbbl exportés, ~6 Mds$ pour Téhéran, dont l'essentiel raffiné en Chine.
1,2 milliard de barils en réserve
Pékin dispose d'environ 109 jours d'autonomie. Imports brut juin -40 % a/a mais compensés par SPR + pipelines Russie / Asie centrale. Résilience structurelle.
Le yuan s'impose sur le pétrole iranien
L'Iran conditionne le passage au règlement en yuan (voire Bitcoin) via la PGSA — accélérant la dédollarisation du commerce pétrolier et renforçant l'influence monétaire de Pékin.
Imports pétroliers chinois depuis le Golfe
En millions de barils/jour — Chute à la fermeture, puis rétablissement rapide grâce à l'accès préférentiel
🚢 La flotte fantôme chinoise
La Chine opère une "shadow fleet" — des centaines de pétroliers opérant hors des circuits d'assurance et de traçabilité occidentaux. Ces navires permettent d'acheminer le pétrole iranien sanctionné sans passer par les registres Lloyd's ou les systèmes AIS classiques.
- →Transactions en yuan, hors SWIFT
- →Transpondeurs AIS désactivés
- →Raffineries indépendantes ("teapots") comme clients finaux
- →11,7 millions de barils acheminés depuis début de la guerre
🪙 La dédollarisation accélérée
En conditionnant le transit à des paiements en yuan, l'Iran et la Chine accélèrent un changement structurel dans le commerce mondial du pétrole. Le pétrodollar — pilier du système financier mondial depuis 1974 — est fragilisé.
Le calcul géopolitique de Pékin
La Chine n'a pas déclenché la crise, mais en tire un bénéfice maximal. Elle maintient des liens avec l'Iran (via ses achats de pétrole et l'accès au détroit), avec la Russie (pétrol sanctionné), et avec les pays du Golfe (relations diplomatiques et investissements). Cette position d'équilibre lui permet d'apparaître comme un médiateur potentiel — tout en consolidant ses avantages économiques.
Sources (8)
Imports pétroliers chinois : estimations hebdomadaires tirées du suivi des pétroliers (CNBC, Foreign Policy), avec des marges d'erreur possibles.
- Iran ships oil to China through Strait of Hormuz closureCNBC · 11 mars 2026 Presse
- How China's teapot refineries are cushioning it from Iran war oil crisisAl Jazeera · 3 avril 2026 Presse
- Iran War: Strait of Hormuz Oil Shock to ChinaForeign Policy · 17 mars 2026 Presse
- 2026 Strait of Hormuz crisisWikipedia · 2026 Presse
- Trump-Xi summit: Four key takeaways from the Washington, DC, meetingAl Jazeera · 24 septembre 2026 Presse
- US, Iran should return to dialogue to end war, Xi tells Trump at White HouseMiddle East Monitor (d'après Xinhua) · 24 septembre 2026 Presse
- Trump-Xi summit: Leaders meet at White House amid tensions over Taiwan, trade and AINBC News · 23 septembre 2026 Presse
- The Trump-Xi summit runs through FujairahThe National · 24 septembre 2026 Presse