Pendant que les alliés occidentaux voient leurs approvisionnements pétroliers s'effondrer, Pékin joue une partition radicalement différente. Accès préférentiel, pétrole à prix cassé, réserves stratégiques colossales : la Chine consolide sa position.
À Pékin, Xi Jinping offre sa médiation et s'oppose publiquement à la « militarisation » d'Ormuz comme à tout péage iranien. Précède le sommet du G7 d'Évian et le MoU du 17 juin.
General License X (22 juin, 60 jours) : sanctions US assouplies. Du 14 juin au 14 juillet, ~66 tankers iraniens passent Ormuz — 70 Mbbl exportés, ~6 Mds$ pour Téhéran, dont l'essentiel raffiné en Chine.
Pékin dispose d'environ 109 jours d'autonomie. Imports brut juin -40 % a/a mais compensés par SPR + pipelines Russie / Asie centrale. Résilience structurelle.
L'Iran conditionne le passage au règlement en yuan (voire Bitcoin) via la PGSA — accélérant la dédollarisation du commerce pétrolier et renforçant l'influence monétaire de Pékin.
En millions de barils/jour — Chute à la fermeture, puis rétablissement rapide grâce à l'accès préférentiel
La Chine opère une "shadow fleet"— des centaines de pétroliers opérant hors des circuits d'assurance et de traçabilité occidentaux. Ces navires permettent d'acheminer le pétrole iranien sanctionné sans passer par les registres Lloyd's ou les systèmes AIS classiques.
En conditionnant le transit à des paiements en yuan, l'Iran et la Chine accélèrent un changement structurel dans le commerce mondial du pétrole. Le pétrodollar — pilier du système financier mondial depuis 1974 — est fragilisé.
La Chine n'a pas déclenché la crise, mais en tire un bénéfice maximal. Elle maintient des liens avec l'Iran (via ses achats de pétrole et l'accès au détroit), avec la Russie (pétrol sanctionné), et avec les pays du Golfe (relations diplomatiques et investissements). Cette position d'équilibre lui permet d'apparaître comme un médiateur potentiel — tout en consolidant ses avantages économiques.