🔵Gaz naturel liquéfié

20% du GNL mondial.
Un seul détroit.

Le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, expédie la quasi-totalité de sa production via le détroit d'Hormuz. Les frappes iraniennes ont détruit 17% de sa capacité. Sa fermeture prive le Japon, la Corée du Sud et l'Inde d'une ressource vitale pour l'électricité, les semi-conducteurs et l'agriculture.

🔥
9,3Bcf/j
GNL transitant par Hormuz
🌍
20%
Du commerce mondial de GNL
🇶🇦
104Mt/an
Exportations qataries (2024)
📈
+140%
Hausse des prix spot Asie
💥

Drones et missiles iraniens frappent Ras Laffan — retour à pleine capacité repoussé au Q1 2027 (Shell)

2 mars + 18 mars 2026

2 mars : drones iraniens frappent Ras Laffan Industrial City et Mesaieed — QatarEnergy suspend toute production GNL

18 mars : missile iranien touche le complexe Ras Laffan — dégâts « étendus » sur l'usine Pearl GTL

2 trains de liquéfaction sur 14 endommagés + 1 usine gas-to-liquids hors service

12,8 Mt/an de capacité GNL hors ligne — soit 17% de la production qatarie

Force majeure prolongée en cascade : 4 mai (jusqu'à mi-juin) → fin mai (mi-août) → 1er juillet (début septembre)

Shell (30 juillet) : retour à pleine capacité seulement au Q1 2027 — turbines de refroidissement 2-4 ans (3 fabricants mondiaux)

Pertes estimées ~20 Md$/an — Kaabi (Doha, 22 juin) : « restauration ~50 % en un mois APRÈS sécurisation d'Ormuz »

Prix spot du GNL en Asie — de 12,5$ à 26$/MMBtu

Les prix ont plus que doublé depuis le début de la crise. Le cessez-le-feu du 8 avril a brièvement fait baisser les prix, avant qu'ils ne repartent après la refermeture du détroit.

Fév 2026
12.5$

Avant la crise — spot Asie normal

2 mar 2026
17.4$

Ras Laffan frappé — force majeure (+39%)

8 mar 2026
25$

Pic — détroit fermé

23 avr 2026
26$

IRGC saisit 2 navires — +140% vs avant-crise

Mi-mai 2026
22$

Bidding war NEA — Asie prime

17 juin 2026
16.5$

🕊 Islamabad Memorandum — pricing d'un retour Qatar

10 juil 2026
17.8$

Détente courte

17 juil 2026
20.5$

Post-rupture MoU + attaques du 7 juillet

29 juil 2026
21.43$

Pic mensuel — moyenne juillet 19,10 (+33,5%)

31 juil 2026
20.8$

TTF Europe : 59,44 €/MWh (+30% vs fin juin)

Qui dépend du GNL d'Hormuz ?

Les pays asiatiques sont les plus exposés. Le Japon et la Corée du Sud importent la majorité de leur gaz naturel sous forme de GNL — et le Qatar est leur fournisseur principal. Chaque pays a dû trouver des réponses d'urgence.

🇯🇵
Japon~60% du gaz naturel
critique

1er importateur mondial de GNL. 95% du pétrole et gaz vient du Moyen-Orient. Centrales thermiques tournent au GNL depuis la fermeture des réacteurs nucléaires post-Fukushima.

Réponse : A levé les plafonds sur les centrales à charbon (mars 2026) et relancé le réacteur Kashiwazaki-Kariwa. Ces deux mesures compensent ~40% du GNL perdu via Hormuz.
🇰🇷
Corée du Sud~40% du gaz naturel
très élevé

2e importateur mondial. Le GNL alimente 27% de la production électrique et toute l'industrie pétrochimique. 18% du GNL importé vient du Qatar via Hormuz.

Réponse : A supprimé le plafond de 80% sur les centrales à charbon. Le KOSPI a enregistré sa pire séance en 43 ans d'histoire. Le won est tombé à son plus bas depuis 17 ans.
🇮🇳
Inde~35% du gaz naturel
élevé

Importe massivement du Qatar. Le GNL alimente les engrais (40% de la production d'urée) et les centrales électriques urbaines.

Réponse : Rationnement industriel en place. La production d'urée est menacée — impact direct sur les récoltes de mousson.
🇨🇳
Chine~15% (diversifié)
modéré

Diversifiée via pipelines (Russie, Asie centrale) et GNL australien. Mais le Qatar reste un fournisseur clé, surtout en hiver.

Réponse : A négocié des volumes supplémentaires avec la Russie via les pipelines sibériens. Relativement protégée grâce à la diversification.
🇪🇺
Europe~10% (Qatar + spot)
modéré

Post-crise russe, l'Europe a augmenté ses achats de GNL qatari. QatarEnergy a déclaré force majeure sur les contrats Italie, Belgique, Corée, Chine.

Réponse : Le TTF a atteint 63,7 €/MWh le 24 juillet (plus haut depuis janvier 2023). Stocks européens au plus bas depuis 2011 à l'approche de l'hiver ; nouveau cargo Sonatrach à Wilhelmshaven le 2 juillet.

Les 7 impacts majeurs de la crise sur le GNL

Au-delà du prix, la crise du détroit d'Hormuz a des effets en cascade sur l'électricité, l'industrie, l'agriculture et même les semi-conducteurs.

📈

JKM Asie ~21 $/MMBtu, TTF Europe > 59 €/MWh

Les prix spot asiatiques ont oscillé entre 16 et 26 $/MMBtu au fil du cycle MoU / rupture. Le JKM a touché 21,43 $/MMBtu le 29 juillet (moyenne mensuelle 19,10 = +33,5 % vs juin). Le TTF européen a atteint 63,7 €/MWh le 24 juillet — plus haut depuis janvier 2023 — puis 59,44 €/MWh au 31 juillet.

🏭

Ras Laffan — pleine capacité seulement au Q1 2027

Shell (30 juillet) annonce que Ras Laffan ne reviendra pas à pleine capacité avant Q1 2027 ; QatarEnergy a prolongé sa force majeure trois fois (mi-juin → mi-août → début septembre). 12,8 Mt/an restent hors ligne. Kaabi (Doha, 22 juin) estime pouvoir restaurer 50 % « en un mois après sécurisation d'Ormuz » — condition non remplie au 4 août.

🚢

Méthaniers — +40 % de coûts carburant, retours partiels post-MoU

Après le MoU du 17 juin, le trafic tankers dans Ormuz a bondi de 5-10 à plus de 20 navires/jour (pic 36 le 22 juin, Vortexa). L'effondrement du 7 juillet et le blocus rétabli le 14 juillet ont replongé le trafic à un régime instable. Primes war-risk maintenues à ~5 % de la valeur du navire (LMA, 11 juillet).

Japon et Corée basculent sur le charbon

Le Japon a levé les plafonds sur ses centrales à charbon et relancé le réacteur Kashiwazaki-Kariwa. La Corée du Sud a supprimé le plafond de 80% sur la génération charbon. Les deux pays sabordent temporairement leurs objectifs de transition énergétique.

🧪

Engrais : l'Inde menacée sur les récoltes de mousson

Le GNL est la matière première de l'ammoniac et de l'urée. L'Inde tire 40% de sa production d'urée du gaz qatari. Un rationnement industriel est en place. Une coupure prolongée menace directement les rendements de la mousson 2026.

🇪🇺

Europe — stocks au plus bas depuis 2011

Les stockages UE étaient à ~28 % au 1er avril 2026 (règlement 90 % assoupli à 80 % en cible « souple »). Fin juillet, les stockages sont au plus bas niveau depuis 2011 à l'approche de l'hiver. Diversification en cours : premier cargo Sonatrach à Wilhelmshaven (2 juillet), 57 % des imports UE Q1 = GNL US. Un nouveau contrat 15 ans Kuwait-QatarEnergy (5 Mt/an dès 2027) a été signé en juin.

🔒

Plus difficile à rerouter que le pétrole

Contrairement au pétrole (pipelines IPSA, ADCOP, nouveau West-East UAE en cours), le GNL nécessite une chaîne logistique spécialisée : usines de liquéfaction → méthaniers cryogéniques (-162°C) → terminaux de regazéification. Aucun de ces maillons ne peut être improvisé. Il n'existe pas de « pipeline de secours » pour le GNL.

⚠️

Pourquoi le GNL est plus vulnérable que le pétrole

Le pétrole peut emprunter des pipelines alternatifs (IPSA saoudien, ADCOP émirati) et être stocké dans des réservoirs standards. Le GNL, lui, nécessite une chaîne logistique spécialisée : usines de liquéfaction → méthaniers cryogéniques (-162°C) → terminaux de regazéification. Aucun de ces maillons ne peut être improvisé.

Pipeline de secours
Pétrole : Oui (IPSA, ADCOP)
GNL : Aucun
Stockage alternatif
Pétrole : Réservoirs classiques
GNL : Terminaux cryo uniquement
Temps de reroutage
Pétrole : Jours à semaines
GNL : Mois (si capacité dispo)

La chaîne du GNL — chaque maillon est un point de fragilité

Extraction
Gaz naturel brut (Qatar, Iran)
🏭
Liquéfaction
Refroidissement à -162°C (Ras Laffan)
🚢
Transport
Méthaniers cryogéniques via Hormuz
🔄
Regazéification
Terminaux dédiés (Japon, Corée, Inde)
Distribution
Centrales, usines, foyers

La crise frappe les maillons 2 (Ras Laffan détruit à 17%) et 3 (Hormuz fermé). Contrairement au pétrole, aucune alternative rapide n'existe pour ces deux étapes.

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