Économie24 avril 20266 min de lecture
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Air France : +100 € en deux mois, 4 destinations coupées jusqu'au 3 mai — l'été 2026 en jeu

Le kérosène a doublé en deux semaines (190 $/baril). Air France a relevé ses tarifs long-courriers de +50 € en mars puis +50 € en avril, et sa surcharge transatlantique atteint 319 € par trajet. Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad restent coupés jusqu'au 3 mai. Enquête.

190 $/baril
Kérosène (1 528 $/t) — doublé en 2 semaines
+100 €
Hausse Air France long-courrier (mars + avril)
319 €
Surcharge carburant transatlantique max
3 mai
Vols AF suspendus vers 4 destinations MO

La fermeture du détroit d'Hormuz ne frappe pas seulement les automobilistes et les transporteurs. Le kérosène — carburant de l'aviation — a doublé en deux semaines sur le marché européen, atteignant environ 1 528 $ la tonne, soit près de 190 $ le baril. Air France a réagi en augmentant deux fois de suite le prix de ses billets long-courriers, et a prolongé la suspension de ses vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad jusqu'au 3 mai. À six semaines du grand départ en vacances, les Français qui volent cet été risquent de payer un prix historique.

Le kérosène à 190 $/baril — double en deux semaines

Le Jet A-1, carburéacteur utilisé par les avions commerciaux, est un distillat moyen raffiné — comme le gazole. Il dépend directement du brut du Proche-Orient et des capacités de raffinage régionales. Avec la fermeture d'Hormuz, la désorganisation des exports et la redirection des cargaisons par le Cap, les stocks de kérosène en Europe du Nord-Ouest ont chuté et les prix se sont envolés. À 1 528 $/t (≈ 190 $/baril), on est au niveau le plus haut jamais enregistré en euros, avec un doublement en deux semaines.

Air France : +50 € en mars, puis +50 € en avril

La réponse de la compagnie française s'est faite en deux temps. Une première hausse de 50 € sur les billets long-courriers en classe économique et premium a été appliquée en mars. Puis, le 14 avril, Air France a annoncé une nouvelle hausse de 50 € sur la même catégorie de billets (source : Boursorama). Sur les vols court et moyen-courriers, la hausse cumulée est plus modeste — autour de 10 € — mais les passagers qui prennent un correspondance subissent le cumul. Air France-KLM applique aussi une surcharge carburant internationale qui peut atteindre 319 € par trajet sur les lignes transatlantiques, et environ 100 € A/R en classe éco sur la plupart des long-courriers.

+50 €
Hausse mars (long-courrier éco/premium)
+50 €
Hausse avril (long-courrier éco/premium)
+10 €
Hausse court et moyen-courriers
319 €
Surcharge transatlantique max (par trajet)
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Ce qu'un aller-retour long-courrier coûte en plus

Pour un couple qui a acheté un Paris — New York en mars et un deuxième en avril, la différence est d'environ 200 € par aller-retour versus un billet acheté en février 2026. Pour un Paris — Bangkok en classe premium, la surcharge carburant peut dépasser 500 € A/R. Les professionnels du voyage observent des hausses globales sur billets de 15 à 30 % selon les destinations.

Les lignes coupées : 4 destinations jusqu'au 3 mai

Depuis le déclenchement d'Epic Fury, Air France a suspendu ses liaisons vers Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad, invoquant la situation sécuritaire et la fermeture d'espaces aériens. La suspension a été prolongée à plusieurs reprises ; la dernière annonce en date (9 avril) la prolonge jusqu'au 3 mai 2026 — et jusqu'au 4 mai pour les vols au départ de Dubaï. Lufthansa a étendu sa propre suspension dans la même fenêtre.

  • Tel-Aviv (Israël) — suspendu depuis fin février
  • Beyrouth (Liban) — suspendu ; aggravé par les frappes israéliennes sur le Sud-Liban
  • Dubaï (ÉAU) — suspendu ; ligne pivot pour l'Asie via correspondances
  • Riyad (Arabie saoudite) — suspendu ; sur fond de 7 missiles iraniens le 7 avril

L'été 2026 en ligne de mire

Pour les ménages français, trois segments sont particulièrement exposés : les familles de la diaspora maghrébine et levantine qui rentrent l'été chez leurs proches ; les voyageurs long-courriers (Asie, Amériques) qui paient la surcharge et les détours par le Cap ; les passagers en correspondance via Dubaï ou Doha, routes historiques pour l'Océanie et l'Asie du Sud-Est. Les professionnels du secteur redoutent que le cumul hausse tarif + surcharge + détour opérationnel pousse les ménages à annuler ou différer.

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Comparaison historique

Le pic précédent du kérosène datait de 2008 (~170 $/baril, équivalent corrigé de l'inflation). Celui de 2022 (invasion russe) avait atteint ~160 $/baril. À 190 $/baril, la crise Hormuz 2026 signe un record absolu sur le Jet A-1.

Scénarios pour l'été

Trois trajectoires. Accord de paix avant mi-mai : détente du kérosène sous 150 $/baril en quelques semaines, reprise progressive des vols MO, surcharges en recul mais prix des billets qui restent élevés (absorption des coûts de relance). Statu quo (détroit sous contrôle iranien, cessez-le-feu) : kérosène autour de 170–190 $/baril, vols MO rouverts partiellement, surcharges maintenues. Escalade (riposte Iran aux saisies US) : Brent à 130–140 $, kérosène à 210 $/baril, suspensions prolongées, billets long-courriers +40 % vs 2025.

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Ce qu'il faut surveiller

La date-clé est le 3 mai : reprise effective ou nouvelle prolongation des vols Air France vers le Moyen-Orient. Toute reprise partielle (ex. Dubaï ouvert, Tel-Aviv maintenu fermé) agirait comme un baromètre de la désescalade. En parallèle, la trajectoire du kérosène dans les 2 semaines à venir déterminera une éventuelle 3ᵉ hausse tarifaire d'Air France avant l'été.

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