Énergie23 avril 20265 min de lecture
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Chauffage au gaz : la facture qui flambe malgré le bouclier

Le prix du gaz naturel pour les particuliers a bondi de 34 % depuis le début de la crise. Pourquoi la France est relativement protégée, mais reste exposée au prochain hiver.

+34%
Prix du gaz particuliers
380 à 520 €
Surcoût attendu sur l'hiver
14%
Part du GNL qatari en France
~75%
Taux de remplissage des stockages

La France consomme environ 37 milliards de m³ de gaz naturel par an, dont la moitié sert au chauffage des foyers. Depuis la fermeture du détroit d'Hormuz, le prix du gaz naturel sur le marché de gros (TTF) a bondi d'environ 50 %. Pour les particuliers, la hausse est amortie par le bouclier tarifaire et les contrats long terme, mais elle reste significative : +34 % en moyenne sur les tarifs réglementés.

La France moins exposée que ses voisins

Contrairement au Japon, à la Corée du Sud ou à l'Italie, la France n'importe qu'environ 14 % de son gaz sous forme de GNL qatari. Le reste provient principalement de Norvège (par gazoduc), d'Algérie, de pays d'Afrique de l'Ouest, et de GNL américain. C'est une conséquence directe de la diversification post-2022.

Un avantage stratégique hérité de 2022

Après la crise russe, la France a investi massivement dans les terminaux méthaniers (Dunkerque, Fos-Cavaou, Montoir-de-Bretagne) et diversifié ses fournisseurs. Cette diversification nous protège aujourd'hui d'un choc frontal — mais ne nous rend pas invulnérables.

Le bouclier tarifaire et ses limites

Le bouclier tarifaire, reconduit en mars 2026, plafonne la hausse des tarifs réglementés à 15 % par an. Sans lui, la facture moyenne aurait bondi d'environ 45 %. Mais le dispositif a un coût budgétaire important — environ 8,5 Md€ sur l'année — et ne protège pas les foyers en contrat de marché, ni ceux équipés de chaudières au fioul.

+380 €
Foyer 70 m² (appart.)
+450 €
Maison 100 m²
+520 €
Maison 130 m² (peu isolée)
+90 €
Chauffage électrique

Les stockages : un coussin qui fond

Les stockages français étaient remplis à 82 % fin mars, un niveau conforme à la moyenne saisonnière. Ils ont depuis reculé à environ 75 % au 22 avril, sous l'effet de la demande résiduelle de chauffage et d'un repli des approvisionnements GNL spot. Storengy et Teréga, les deux opérateurs, indiquent que les objectifs de remplissage pour novembre 2026 seront plus difficiles à atteindre si la crise se prolonge.

« Nous ne sommes pas dans une situation de pénurie immédiate, mais la recharge des stockages cet été sera plus chère et plus lente. L'hiver 2026-2027 est le vrai enjeu. »

CRE (Commission de régulation de l'énergie)Communiqué du 18 avril 2026

Ce que font les énergéticiens français

  • Engie a activé sa clause de force majeure sur ses contrats long terme avec QatarEnergy (1,5 Mt/an) — des volumes désormais non livrés.
  • TotalEnergies redirige une partie de ses cargaisons américaines (Cameron LNG, Sabine Pass) vers l'Europe au détriment de l'Asie.
  • ENI France et Shell France communiquent sur leur résilience, mais retardent les investissements dans de nouveaux contrats GNL.
  • EDF et les distributeurs locaux (GRDF) n'ont pas à ce stade signalé de risque sur la continuité de l'approvisionnement.
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À surveiller : l'été et la recharge

La période critique n'est pas l'hiver 2025-26 (déjà passé) mais bien l'été 2026 : c'est à ce moment que les opérateurs remplissent les stockages pour l'hiver suivant. Si le détroit reste fermé et le GNL qatari indisponible, la France devra payer beaucoup plus cher ses cargaisons de remplissage — ce qui se répercutera sur les factures 2026-2027.

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