Économie24 avril 20265 min de lecture

Le Havre et Marseille-Fos : CMA CGM renforce l'offre, mais la bataille européenne n'est pas gagnée

Avec le contournement du Cap de Bonne-Espérance, CMA CGM renforce ses lignes au départ du Havre et de Marseille-Fos. Mais la reconfiguration de Premier Alliance ne joue pas automatiquement en faveur des ports français : la concurrence d'Algésiras, Barcelone et Gênes reste vive.

Renfort
CMA CGM muscle Le Havre & Fos
Par le Cap
Premier Alliance — nouvelles lignes dès avril
Bypass
Routes terrestres CMA CGM autour d'Hormuz
Non acquis
Avantage français vs Algésiras / Barcelone / Gênes

La crise du détroit d'Hormuz et le contournement massif par le Cap de Bonne-Espérance transforment le rôle des deux principaux ports français. Mais la reconfiguration n'est ni uniforme ni automatiquement favorable : les flux basculent à mesure que les alliances maritimes redessinent leurs routes, et les ports français rivalisent avec Algésiras, Barcelone et Gênes pour capter le trafic redéployé.

CMA CGM renforce son offre au Havre et à Marseille-Fos

Face à la demande et aux perturbations maritimes, l'armateur marseillais — troisième mondial — a annoncé un renforcement de son offre au départ de ses deux ports de tutelle français (Journal de la Marine Marchande). C'est un levier direct : CMA CGM est propriétaire de Terminal Link et opère une partie significative des manutentions de Fos et du Havre, ce qui lui permet de rediriger des capacités là où ses propres terminaux se trouvent.

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Bypass terrestre autour d'Hormuz

Selon FreightWaves, CMA CGM a déployé de nouvelles routes multimodales — sea + rail + road — pour contourner physiquement la zone d'Hormuz sur les flux sensibles. Cette logistique combinée permet de maintenir une partie des livraisons malgré le verrou maritime.

Premier Alliance : le Cap, mais pas forcément pour la France

Le Journal de la Marine Marchande rappelle un point essentiel — daté de décembre 2025, avant même Epic Fury : lors de la réactualisation de l'offre de Premier Alliance (née de la recomposition des alliances après le départ de Hapag-Lloyd), les ports de Marseille-Fos et du Havre n'étaient pas ressortis nets gagnants. Avec des rotations désormais calibrées sur le passage par le Cap, les choix d'escales favorisent tour à tour les grands hubs méditerranéens ibériques/italiens et les ports du Nord. La France doit défendre sa place escale par escale.

Fos-Cavaou et Le Havre : deux dynamiques différentes

  • Fos-Cavaou (GNL) : terminal méthanier méditerranéen exploité par Elengy (filiale Engie), à suivre de près sur l'utilisation des slots de regazéification.
  • Le Havre / HAROPA : porte d'entrée atlantique, avantage potentiel quand Anvers et Rotterdam saturent, mais dépendant de la connexion hinterland (rail et routier).
  • Marseille-Fos : avantage méditerranéen pour éviter le détour vers l'Europe du Nord une fois le Cap franchi.
  • Tous ces leviers dépendent in fine des choix d'escale des alliances maritimes — aucun n'est acquis.

« Face à la demande et aux perturbations maritimes, CMA CGM renforce son offre au départ du Havre et de Marseille-Fos. »

Journal de la Marine Marchandeactu-transport-logistique.fr — 2026

Le vrai enjeu : tenir dans la durée

Le risque pour la France n'est pas le pic ponctuel de trafic, mais sa captation durable. Si la crise se prolonge, les grands hubs concurrents (Algésiras côté ibérique, Gênes côté italien, Barcelone, voire Tanger Med au Maroc) peuvent absorber une part croissante du flux redéployé — avec des effets de réseau qui, une fois installés, sont difficiles à inverser.

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Fenêtre stratégique

La France joue la capacité de ses ports à accueillir rapidement les flux supplémentaires (capacité quai, hinterland, main-d'œuvre), et la capacité de CMA CGM à maintenir un volume d'escales structurellement élevé sur ses deux ports de tutelle.

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